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Blogue de chant EXPRESS · Balado

Comment devenir coach vocal et lancer votre propre studio

Jessica Kos-Whicher est une soprano née à Winnipeg, fondatrice et directrice de J. Kos-Whicher Vocal & Performing Arts. Elle détient un baccalauréat en musique et un diplôme post-baccalauréat en interprétation vocale de l’Université du Manitoba, a été deux fois finaliste régionale et deux fois lauréate d’un prix d’encouragement aux auditions du National Council du Metropolitan Opera, et a été finaliste du concours WMC McLellan en 2018. Dans l’épisode 9 de la saison 1 du Singers Tension Podcast, enregistré au début de 2021, elle a discuté avec la fondatrice d’EXPRESS Voice Studio, Jordanne Erichsen, de la façon dont chacune a lancé sa carrière d’enseignante.

La réponse courte : pour devenir coach vocal, il faut une technique confortable et constante, une raison d’enseigner qui va au-delà du revenu et un choix clair entre enseigner de façon informelle et bâtir un studio. Un studio exige aussi une image de marque, un espace professionnel et une façon fiable de trouver des élèves. Jessica et Jordanne ont bâti leur studio de façons très différentes, et ce guide présente les deux. Vous pouvez le lire ou appuyer sur lecture pour l’écouter (en anglais).

Jordanne Erichsen, fondatrice d'EXPRESS Voice Studio et animatrice du Singers Tension Podcast
Jordanne Erichsen, soprano, praticienne de la technique Alexander, fondatrice d’EXPRESS et animatrice du Singers Tension Podcast.
Écoutez : Singers Tension Podcast, saison 1, épisode 9 (55 min, en anglais). Aussi sur Spotify.

Vous pensez à enseigner, ou vous voulez apprendre avec des artistes qui enseignent? Réservez un cours avec un coach d’EXPRESS, en personne ou en ligne.

Comment cet article a été rédigé

Cet article a été conçu avec l’aide de l’IA à partir de la transcription de l’épisode 9 de la saison 1 du Singers Tension Podcast. Il a été rédigé et révisé par l’équipe EXPRESS. Les citations sont traduites de l’anglais et légèrement retouchées pour la lecture, et la transcription complète se trouve au bas de cette page.

Points clés de l’article

Enseignez pour une raison qui va au-delà de l’argent. Jessica et Jordanne ont toutes deux bâti un studio pour reprendre le contrôle de leur carrière.

L’image de marque peut être un forfait d’agence de 10 000 $ ou un projet fait maison. Dans les deux cas, une marque cohérente rend un studio plus facile à gérer.

Le bouche-à-oreille remplit les cours pour enfants, mais la plupart des élèves adultes de Jordanne trouvent EXPRESS sur Google.

Que faut-il pour devenir coach vocal?

Devenir coach vocal commence par votre propre voix. Pour Jordanne, si vous avez amené votre voix à une technique confortable et constante, vous avez quelque chose à offrir à vos élèves, même sans carrière internationale. Jessica a commencé à enseigner pendant son cours de pédagogie vocale et est passée de 7 élèves à 17, puis 21, puis 27, avant même de lancer la marque de son studio. Au moment de l’épisode, son studio employait trois professeurs de chant, de piano et de guitare et avait atteint près de 70 élèves en deux ans.

Si vous êtes de l’autre côté du cours et cherchez un professeur, notre guide sur comment trouver un coach vocal explique quoi rechercher. Pour un nouveau professeur, les éléments de base sont :

  • Une technique confortable et constante dans votre propre voix
  • Une formation en enseignement du chant, comme un cours de pédagogie vocale
  • Quelques premiers élèves, souvent trouvés par le bouche-à-oreille
  • Une décision : enseigner de façon informelle ou bâtir un studio
  • Un plan pour l’image de marque, l’espace d’enseignement et la recherche d’élèves si vous choisissez le studio

Pourquoi enseigner? Trouvez une raison au-delà du revenu

Les deux animatrices s’entendent : il faut une raison d’enseigner qui va au-delà de payer les factures. « Il faut une raison qui va au-delà de « je veux juste utiliser mon diplôme et faire de l’argent » », dit Jordanne.

Jessica : reprendre le contrôle face au circuit des auditions

Jessica a passé trois ans à auditionner tout en enseignant, et elle « enseignait essentiellement pour financer [ses] voyages d’audition ». Après un troisième refus d’une compagnie qui lui tenait à cœur, elle a décidé d’arrêter de laisser d’autres personnes décider de sa vie. « Je vais juste créer une école où tout le monde est accepté », a-t-elle dit à sa mère. Elle voulait aussi utiliser le diplôme qu’elle avait payé et créer un espace sécuritaire et inclusif pour les élèves et pour d’autres artistes qui enseignent.

Jordanne : aider les chanteurs à chanter sans douleur

Jordanne a longtemps cru que tout ce qui n’était pas 100 % de la scène serait un échec. À son 25e anniversaire, elle a réalisé que mettre tous ses œufs dans le même panier ne la rendait pas heureuse, et qu’elle voulait enseigner surtout à des adultes et à des professionnels. Sa passion vient de son propre combat : à la fin de son baccalauréat, elle ne pouvait pas chanter plus de 15 minutes sans douleur à la gorge et à la mâchoire, et elle a défait tout ça grâce à d’excellents professeurs, puis à la technique Alexander. Découvrez les débuts d’EXPRESS sur notre page À propos.

Pour voir à quoi ressemblent des artistes qui enseignent ce qu’ils aiment, regardez la vidéo ci-dessous.

EXPRESS Voice Studio : des artistes qui enseignent, en ligne et en personne (en anglais).

Professeur informel, studio de chant ou école d’arts?

Votre première grande décision porte sur le type d’entreprise d’enseignement que vous voulez. Un studio informel à la maison peut bien fonctionner si vous dites d’emblée à vos élèves que vous êtes artiste et que votre horaire peut changer. Un studio ou une école est un engagement plus important, avec plus de capacité, plus de travail et une marque à bâtir. Le studio de Jessica est devenu une école d’arts quand des parents ont commencé à demander du piano et de la guitare. EXPRESS est surtout une école de chant, et ses médias sociaux sont axés sur la voix.

Un professeur de musique sur scène avec une élève
Enseigner et se produire peuvent aller de pair. Beaucoup de coachs d’EXPRESS sont des artistes actifs.

Les trois modèles se distinguent ainsi :

  • Studio informel à la maison : quelques élèves qui connaissent votre travail d’artiste, promotion surtout par des photos de vous sur scène
  • Studio de chant : une entreprise avec une image de marque axée sur le chant, un site web, des médias sociaux et un espace professionnel
  • École d’arts : plusieurs instruments et professeurs, plus de demandes à gérer et plus d’administration

Faut-il jouer du piano pour enseigner le chant?

Non. Karen Santos, la collègue de Jessica, ne joue pas du piano, et Jessica la décrit comme « une professeure extraordinaire ». Enseigner sans piano peut même aider, parce que les élèves doivent compter sur leur oreille et sur ce que le son leur fait ressentir. Jordanne suggère d’apprendre quelques accords de base pour guider un réchauffement. Jessica joue parfois seulement des notes simples sur une gamme, puisque les débutants n’entendent habituellement pas au-delà d’une seule hauteur.

Laissez votre ego de côté et dirigez vers d’autres

Quand un élève a besoin de quelque chose que vous ne pouvez pas enseigner, envoyez-le vers quelqu’un qui le peut. Jessica a dirigé un élève qui voulait apprendre le scream rock vers un collègue, et il revenait quand même la voir pour la technique. « Ce n’est pas une question de toi. Laissez votre ego à la porte, les amis », dit-elle. Jordanne ajoute que ce ne sont pas tous les élèves qui vous conviendront, et qu’il faut savoir les laisser partir.

Mains d'un pianiste sur un clavier de piano
Quelques accords de base suffisent pour guider la plupart des réchauffements vocaux.

Si vous ou vos élèves voulez développer vos compétences au clavier, EXPRESS offre aussi des cours de piano. Options si vous ne jouez pas du piano :

  • Apprendre quelques accords de base pour guider les réchauffements
  • Jouer des notes simples en montant et en descendant une gamme
  • Utiliser une piste d’accompagnement enregistrée pour le répertoire
  • Faire venir un pianiste pour un cours à l’occasion
  • Diriger les élèves vers un collègue pour les compétences que vous n’avez pas

Voyez comment EXPRESS combine les cours de piano et le coaching vocal dans la vidéo ci-dessous.

Cours de piano et coaching vocal chez EXPRESS Voice Studio (en anglais).

Comment bâtir l’image de marque de votre studio

Si vous enseignez de façon informelle, vous pouvez vous promouvoir avec des photos de vous sur scène. Si vous voulez un studio, il vous faut une marque. Jessica et Jordanne ont pris des chemins opposés.

La voie de l’agence : environ 10 000 $

Après avoir essayé de dessiner son propre logo (« Quelle horrible erreur »), Jessica a engagé une agence locale. Pour environ 10 000 $, elle a obtenu un nom, un logo dessiné à la main, des couleurs et des polices personnalisées, du papier à en-tête, des cartes professionnelles, des dépliants, une séance photo, un site web, la configuration de sa messagerie d’entreprise et une première série de publications Instagram. Elle a utilisé des économies qu’elle avait mises de côté pour une maison, et elle dit que c’est « le meilleur argent [qu’elle a] jamais dépensé », parce qu’un guide de marque complet rend la gestion d’une entreprise cohérente beaucoup plus facile.

La voie autodidacte : du temps plutôt que de l’argent

Jordanne a appris Google, Google Ads et les bases des sites web dans un emploi en gestion de comptes. Elle a donc créé elle-même le site d’EXPRESS, trouvé le nom et demandé à un ami graphiste de créer le logo style graffiti, pensé pour les adultes. Elle a appris par elle-même Adobe Illustrator, Audition et Premiere Pro, et sa seule dépense externe a été environ 400 $ pour cinq gabarits Instagram. « Ça m’a coûté beaucoup moins cher, mais ça a pris beaucoup plus de temps », dit-elle. Les compromis :

  • Forfait d’agence : coût initial plus élevé, une marque complète prête à utiliser, moins de temps d’apprentissage
  • Faire soi-même : faible coût, contrôle total et mises à jour faciles, mais de nombreuses heures pour apprendre le design et le marketing
  • Dans les deux cas : adaptez la marque à votre public, par exemple un design plus foncé et audacieux pour les adultes ou plus coloré pour les enfants

Le sacrifice derrière un studio à temps plein

Bâtir un studio demande du temps que la plupart des artistes n’ont pas. Quand Jordanne a lancé EXPRESS, elle avait six emplois, dont chantre dans deux églises, un 9 à 5 dans une jeune entreprise et de la révision de travaux universitaires. Elle a choisi de sacrifier quelques années d’auditions pour bâtir le studio afin d’avoir plus de liberté par la suite. « Je n’ai plus six emplois, et j’ai la liberté que je voulais », dit-elle. Jessica jonglait avec les auditions, le gardiennage d’enfants, un emploi dans un gym et environ 34 élèves avant que son studio décolle. Les deux disent que la récompense, c’est un travail qui ne ressemble jamais à une corvée.

Comment trouver des élèves en chant

Les premiers élèves de Jessica sont venus du bouche-à-oreille, notamment grâce à la responsable de son cours de danse pour adultes, qui parlait d’elle aux nouveaux inscrits. Aujourd’hui, elle compte encore sur les recommandations, les groupes Facebook locaux et les demandes reçues par son site web. Jordanne explique que le bouche-à-oreille remplit les cours pour enfants parce que les parents se parlent, mais que les élèves adultes sont plus discrets, si bien qu’environ 90 % de sa nouvelle clientèle vient de son classement sur la première page de Google.

Misez sur Google et méfiez-vous des arnaques

Une fiche d’établissement Google (anciennement Google My Business) vous place dans Google Maps, et la créer est gratuit. « Si quelqu’un t’appelle un jour pour te dire qu’il va te la configurer pour 400 $, c’est une arnaque », prévient Jordanne. Elle a commencé avec un budget Google Ads de 60 $ par mois, puis de 100 $, et a trouvé que Kijiji n’en valait pas la peine. Les canaux qui fonctionnent :

  • Le bouche-à-oreille des élèves et des parents actuels
  • Les groupes Facebook locaux, comme les groupes de musiciens de votre ville
  • Une fiche d’établissement Google, créée vous-même gratuitement
  • Un petit budget mensuel Google Ads
  • Les messages Instagram et Facebook de gens qui découvrent vos publications
  • Des affiches ou des recommandations dans des studios de danse et d’arts locaux

Quand engager d’autres professeurs

Quand votre horaire est plein et que les demandes continuent d’arriver, vous pouvez garder une liste d’attente ou accueillir d’autres professeurs. Jessica a embauché parce qu’autrement, elle aurait enseigné jusqu’à 21 h 30 tous les soirs et huit heures le samedi. Elle a attendu d’avoir au moins trois élèves pour un nouveau professeur, pour que ça en vaille la peine pour lui.

Contractuels, employés et contrats

Les professeurs de Jessica sont des contractuels plutôt que des employés, puisque son studio n’est pas encore assez gros pour offrir des avantages sociaux. Elle a fait rédiger un contrat par un avocat pour protéger à la fois les professeurs et le studio. Jordanne avait travaillé pour des studios qui prenaient une part de 40 à 50 %; chez EXPRESS, les professeurs fixent donc leurs propres tarifs et versent un petit montant qui retourne dans la publicité. Comment structurer une équipe :

  • Attendre d’avoir assez de demandes pour offrir un horaire complet à un nouveau professeur
  • Décider si les professeurs seront contractuels ou employés, et obtenir un avis juridique
  • Mettre l’entente dans un contrat écrit
  • Fixer une part équitable selon ce que vous fournissez, comme l’espace, l’administration ou le marketing

Votre espace d’enseignement fait partie de votre image

« Si tu es un studio, tu as besoin d’un bel espace professionnel pour enseigner », dit Jordanne. Elle est passée d’un piano de 1 500 $ à un piano de 3 000 $, paie un plus grand appartement et a insonorisé son studio avec un tapis, des panneaux derrière les grands cadres et des placards remplis de livres. Jessica loue un espace dans une église, un édifice communautaire sécuritaire où les parents se sentent à l’aise d’envoyer leurs enfants, et elle décore son studio de lumières scintillantes, de diffuseurs et d’œuvres commandées à une collègue. Même en ligne, les élèves doivent se sentir les bienvenus.

Chanteuse qui s'accompagne au piano devant un public
Un bon instrument et une pièce accueillante font partie de l’expérience des élèves.

Pour aménager un espace d’enseignement professionnel :

  • Investir dans un bon instrument; les gens aiment chanter à côté de beaux instruments
  • Insonoriser ce que vous pouvez, et informer votre propriétaire et vos voisins que vous enseignez
  • Garder un arrière-plan propre et accueillant pour les cours en ligne
  • Ajouter des touches personnelles qui aident les élèves à se sentir en sécurité

Pour un aperçu de l’expérience EXPRESS, regardez la vidéo ci-dessous.

EXPRESS Voice Studio : l’expérience (en anglais).

Le syndrome de l’imposteur et votre style d’enseignement

Les nouveaux professeurs, surtout ceux qui viennent de la musique classique, ont souvent l’impression de n’avoir rien à offrir tant qu’ils ne sont pas parfaits. Le conseil de Jordanne : respirez, rappelez-vous ce que vous avez accompli et que la plupart des élèves sont débutants. Jessica ajoute qu’une partie de l’enseignement consiste à aider les élèves à devenir leurs propres professeurs, pour qu’ils puissent écouter et ressentir sans être guidés entre les cours.

Enseignez ce que vous chantez en toute sécurité

Si un élève veut un style que vous ne maîtrisez pas, Jordanne conseille de ne pas l’enseigner tout de suite : enseignez une technique saine, puis apprenez le style vous-même, « parce que tu es le produit de ton entreprise ». Jessica a mis des années à apprendre le belting et n’a commencé à l’enseigner pleinement qu’une fois certaine de ne pas se faire mal.

Soyez authentiquement vous-même

Jessica décrit son style comme pétillant; Jordanne qualifie le sien de sérieux et concentré. Les deux fonctionnent, tant que votre style d’enseignement est quelque chose que vous pouvez maintenir. « Tu ne peux pas bâtir une carrière sur une fausseté », dit Jessica. Avant de commencer, déterminez :

  • Quel genre de professeur vous êtes, et ce que votre personnalité apporte aux cours
  • Quels styles vous pouvez enseigner en toute sécurité dès aujourd’hui
  • Quelles compétences vous apprendrez ensuite, et vers qui vous dirigerez vos élèves d’ici là
  • Comment votre image de marque reflétera qui vous êtes

Écoutez l’épisode complet

Ce guide est basé sur l’épisode 9 de la saison 1 du Singers Tension Podcast, « Launching A Teaching Career ». Vous préférez écouter? La conversation complète de 55 minutes (en anglais) se trouve ci-dessous. Pour des conseils de pratique, lisez notre guide tiré de l’épisode 1 sur comment pratiquer le chant.

À propos de Jessica Kos-Whicher

Jessica Kos-Whicher est une soprano née à Winnipeg, éducatrice musicale, fondatrice et directrice de J. Kos-Whicher Vocal & Performing Arts. Elle a étudié avec Tracy Dahl et Monica Huisman à l’Université du Manitoba, où elle a obtenu un baccalauréat en musique et un diplôme post-baccalauréat en interprétation vocale. Elle a notamment chanté Tatiana dans Eugène Onéguine et sœur Rose dans Dead Man Walking avec NUOVA Vocal Arts, et a été la soprano soliste du Messie de Haendel avec l’Orchestre symphonique de Winnipeg.

À propos de l’animatrice

Jordanne Erichsen est soprano, coach vocale, praticienne de la technique Alexander et fondatrice d’EXPRESS Voice Studio. Elle anime le Singers Tension Podcast, où des chanteurs actifs parlent de technique, du corps, de performance et de l’industrie de la musique.

Les coachs d’EXPRESS comme Jordanne donnent des cours de chant privés en personne à Montréal, à Toronto, à Vancouver, à Ottawa et à Mississauga, et des cours de chant en ligne partout au Canada. Des artistes qui enseignent peuvent vous aider à développer votre voix, selon votre horaire et la musique que vous aimez.

Apprenez avec des artistes actifs qui enseignent. Trouvez votre coach EXPRESS, à Montréal, à Toronto, à Vancouver ou en ligne.

Questions fréquentes

Comment devient-on coach vocal?

Pour devenir coach vocal, développez une technique confortable et constante dans votre propre voix, formez-vous à l’enseignement du chant et commencez avec quelques élèves. Décidez ensuite si vous voulez enseigner de façon informelle ou bâtir un studio, car un studio exige une image de marque, un espace professionnel et un plan pour trouver des élèves.

Faut-il jouer du piano pour être professeur de chant?

Non, il n’est pas nécessaire de jouer du piano pour enseigner le chant. Beaucoup d’excellents professeurs n’en jouent pas. Apprendre quelques accords ou jouer des notes simples aide à guider les réchauffements, et les élèves peuvent pratiquer leurs chansons avec une piste d’accompagnement enregistrée ou une séance avec un pianiste.

Combien coûte l’image de marque d’un studio de chant?

Cela dépend de ce que vous faites vous-même. Jessica Kos-Whicher a payé environ 10 000 $ pour un forfait complet d’agence comprenant un logo, un guide de marque, un site web et une séance photo. Jordanne Erichsen a créé son propre site web et a dépensé environ 400 $ pour des gabarits Instagram.

Comment les professeurs de chant trouvent-ils des élèves?

La plupart des professeurs de chant trouvent des élèves grâce au bouche-à-oreille, aux groupes Facebook locaux, aux médias sociaux et à une fiche d’établissement Google. Le bouche-à-oreille remplit les cours pour enfants parce que les parents se parlent, alors que les élèves adultes trouvent plus souvent un studio par une recherche Google.

Les professeurs d’un studio de chant doivent-ils être contractuels ou employés?

Jessica Kos-Whicher engage ses professeurs comme contractuels, et non comme employés, parce que son studio n’est pas encore assez gros pour offrir des avantages sociaux. Elle a fait rédiger le contrat par un avocat afin que les professeurs et le studio soient protégés. Obtenez un avis juridique adapté à votre situation.

Comment gérer le syndrome de l’imposteur quand on commence à enseigner le chant?

Rappelez-vous ce que vous avez accompli et que la plupart des élèves sont débutants. Si votre technique est confortable et constante, vous avez quelque chose à offrir. N’enseignez que les styles que vous pouvez chanter vous-même en toute sécurité, et dirigez vos élèves vers un autre professeur quand ils ont besoin de quelque chose que vous ne pouvez pas offrir.

Transcription complète de l’épisode

Cette transcription de « Launching A Teaching Career » a été traduite de l’anglais et légèrement retouchée pour la lecture.

Lire la transcription complète

Pourquoi Jessica a fondé un studio (00:00)

Jordanne : Ici le Singers Tension Podcast, le balado par des chanteurs, sur le chant, pour les chanteurs. Salut, les chanteurs. Bienvenue au Singers Tension Podcast. Ici Jordanne Erichsen, et aujourd’hui je parle avec Jessica Kos-Whicher de la création de votre propre studio de chant, ou même simplement de la transition vers l’enseignement : ce que ça implique, et comment le faire fonctionner pour vous, pour avoir un revenu si vous voulez continuer à vous produire, ou si vous voulez en faire votre travail à temps plein. Jessica est la fondatrice de J. Kos-Whicher Vocal & Performing Arts à Winnipeg, au Manitoba, qui emploie présentement trois professeurs de chant, de piano et de guitare et qui a atteint près de 70 élèves en seulement deux ans. Jessica est aussi une chanteuse accomplie, évidemment, puisqu’elle a créé ce studio grâce à son talent de chanteuse. Elle s’est rendue deux fois aux régionales du concours du Metropolitan Opera, a chanté des rôles principaux avec Opera NUOVA, a été finaliste du concours McLellan et a un concert à venir avec l’Orchestre symphonique de Winnipeg. Alors bienvenue au balado, Jessica.

Jessica : Salut! Merci de m’accueillir.

Jordanne : Ça me fait plaisir. Je tenais vraiment à t’avoir, toi en particulier, pour parler de ce sujet, parce qu’on a toutes les deux créé un studio de chant par des chemins très différents. Je pense que beaucoup de chanteurs, surtout maintenant avec la pandémie, se demandent comment faire. Ils veulent des conseils pour trouver des élèves, et vite, et pour trouver l’équilibre entre être artiste et avoir des élèves, avec tout le temps que ça peut prendre dans ta vie. Veux-tu vraiment t’investir dans les médias sociaux et une image de marque, ou veux-tu juste avoir quelques élèves de façon informelle? Je pense que ça va être très utile de voir nos deux points de vue. Pourquoi ne commences-tu pas par nous expliquer pourquoi tu as décidé de créer un studio plutôt que d’enseigner de façon informelle? Parce qu’avant de lancer la marque de ton studio, tu avais déjà des élèves. Pourquoi as-tu fait ce changement?

Jessica : Oui. J’ai commencé à enseigner pendant mon cours de pédagogie vocale, puis j’ai eu sept élèves, puis 17, puis 21, puis 27. Et 27, j’avais l’impression d’avoir réussi. Ensuite, on m’a demandé de chanter un rôle à Opera NUOVA, et je me suis dit : je pourrais peut-être être chanteuse et professeure. Ça m’emballait vraiment. J’ai commencé à faire le circuit des auditions, j’ai beaucoup appris et c’était vraiment plaisant pendant un temps. J’avais de bonnes auditions. Je pense qu’on arrive à un point, comme chanteuse, où même dans ta pire journée, tu ne chanteras pas mal. Tu ne corresponds peut-être juste pas à ce qu’ils cherchent. Alors j’avais de bonnes auditions et des commentaires très positifs. Puis j’ai reçu mon troisième refus d’une compagnie qui m’intéressait beaucoup. Je me considère comme assez solide, je suis capable de digérer les choses et de les voir de façon positive, mais j’en avais vraiment assez que d’autres personnes prennent les décisions à propos de ma vie. Alors j’ai dit à ma mère : écoute, je vais juste créer une école où tout le monde est accepté. Je veux que tout le monde ait la chance de chanter, et je ne veux pas qu’on se sente incapable parce que quelqu’un n’aime pas sa robe ou quelque chose du genre. C’était tellement frustrant. Je voulais quand même continuer à me produire, mais pendant ces trois années d’auditions, j’enseignais en même temps, et j’enseignais essentiellement pour financer mes voyages d’audition. Tu le sais, ces voyages coûtent tellement cher. Je vivais chez mes parents, je dépensais très peu en loyer, et une grande partie de mon revenu passait dans les vols, les frais d’audition et la nourriture sur la route. Alors j’ai décidé : je veux avoir le contrôle de ma vie.

Enseigner avec un but (05:00)

Jordanne : Je trouve ça vraiment bien d’entendre que tu ne t’es pas lancée dans l’enseignement juste parce que tu avais besoin d’un revenu. Beaucoup de chanteurs, surtout dans le monde classique, finissent par occuper un emploi qu’ils n’aiment vraiment pas et qui n’a rien à voir avec le chant, alors ils se disent : bon, je vais juste commencer à enseigner. C’est correct si tu veux des élèves de façon informelle et que tu leur expliques : je suis une artiste, alors mon horaire ne sera peut-être pas régulier. Il y a moyen que ça fonctionne. Mais peu importe, que tu aies quelques élèves ou que tu crées un studio de chant ou de musique, tu dois être passionnée par l’enseignement.

Jessica : Totalement, je suis d’accord. Et je tenais vraiment à créer un espace sécuritaire pour les élèves, un environnement inclusif. Je voulais pouvoir utiliser mon diplôme. Je n’ai pas dépensé tout cet argent pour mes études pour ne pas m’en servir. Tellement d’artistes ne peuvent même pas utiliser ce dans quoi ils ont investi autant de temps et d’argent. Je voulais vraiment ça pour moi, mais aussi pour d’autres professeurs et d’autres artistes. J’adore me produire et je veux pouvoir continuer, même si ce sont de petites choses, mais avec le circuit des auditions, j’en arrivais au point où je commençais à en vouloir au fait même de le faire, et ça me faisait vraiment peur comme chanteuse.

Jordanne : Oui, je comprends tellement ce besoin d’avoir le contrôle sur ton avenir. Je te l’ai déjà dit, et j’en parle très ouvertement : j’ai réalisé que je me faisais une idée de ce qui allait me rendre heureuse comme artiste, et j’étais convaincue que ça devait être 100 % de la scène. Il n’y avait de place pour rien d’autre, parce que tout le reste était un énorme échec, surtout après avoir gagné autant de bourses et de prix. Tu te sens obligée envers ces gens de leur montrer que tu méritais ces bourses. Alors inconsciemment, tu commences à croire que si tu fais autre chose, tu as laissé tomber les gens, et tu oublies que c’est ma vie, et que je devrais peut-être me demander ce qui me rend vraiment heureuse. C’était à mon 25e anniversaire, je pense. Je vais toujours à un chalet qui appartient à ma famille, et j’étais seule assise sur le quai. J’avais trouvé un livre dans une de ces petites boîtes à livres en revenant du gym, sur un type de psychologie où l’on analyse ses rêves, ce qui est tellement granola, mais j’adorais ça. Je faisais toujours le même rêve, avec cette anxiété, et le livre disait que peu importe ton rêve, tu dois jouer tous les rôles. Alors j’ai fait l’exercice et j’ai réalisé que je n’étais pas heureuse de mettre tous mes œufs dans le même panier et d’être seulement artiste. Mais je ne voulais pas non plus enseigner surtout à des enfants. Pour moi, avoir 40 élèves enfants n’est pas aussi gratifiant que de travailler avec des adultes. J’ai donc réalisé que je voulais créer un studio avec quelques enfants, mais surtout axé sur les adultes, les professionnels et les gens qui veulent vraiment élever leur art. On reviendra sur l’image de marque plus tard, mais j’ai une énorme passion pour aider les gens à chanter sans douleur, parce que mon parcours en chant a été tellement difficile. À la fin de mon baccalauréat, je ne pouvais pas chanter plus de 15 minutes sans une douleur extrême dans la gorge et la mâchoire. Grâce à des professeurs extraordinaires après mon bac, j’ai vraiment défait tout ça, et ensuite la technique Alexander m’a ouvert un tout autre monde et m’a amenée encore plus loin. Mais ç’a été tout un parcours, et je me souviens de tellement de frustration. C’est de là que vient ma passion. On peut avoir différentes raisons d’enseigner, mais il faut une raison qui va au-delà de « je veux juste utiliser mon diplôme et faire de l’argent ».

Jessica : Totalement, je suis tout à fait d’accord.

Studio de chant ou école d’arts? (09:30)

Jordanne : Une question à laquelle on va répondre tout au long de l’épisode : quelle est la différence entre avoir un studio à la maison comme professeure informelle et avoir une école d’arts ou une école de chant? La différence est énorme en matière de capacité, de charge de travail, de médias et d’image que tu vas créer. Je classerais ton école comme une école d’arts, parce que tu as du piano et de la guitare, alors que la mienne est surtout une école de chant. On offre le piano. Je ne suis pas la seule à enseigner le piano; Mike le fait aussi, et c’est un excellent pianiste. Mais les deux autres enseignent seulement le chant, et tous nos médias sociaux sont axés sur la voix, la voix, la voix. Alors qu’est-ce qui t’a poussée à ouvrir ton école à d’autres instruments?

Jessica : Au départ, c’était seulement le chant. Puis je recevais tellement de demandes et de bouche-à-oreille que je n’y arrivais plus. Je suis une seule personne. Un parent m’a déjà demandé : pourrais-tu enseigner le piano? Je joue assez bien du piano pour mes élèves, mais je ne les accompagnerais jamais dans un contexte professionnel. Ce serait tellement gênant pour moi. Je savais donc que j’aurais besoin d’un professeur de piano tôt ou tard. Je recevais aussi tellement de demandes en chant que j’avais besoin d’aide. Mais si je me suis dit que je pouvais vraiment le faire, c’est en partie parce que si moi j’avais l’impression de ne pas avoir le contrôle de ma vie, d’autres artistes devaient sûrement se sentir pareil. Je voulais offrir différentes choses à la communauté et aussi élargir l’esprit créatif des élèves.

Faut-il jouer du piano? (11:00)

Jordanne : Comment les gens qui veulent devenir professeurs de chant mais qui ne jouent pas du piano devraient-ils s’y prendre? Est-ce possible? Moi je joue du piano, mais deux des professeurs qui travaillent avec moi n’en jouent pas, et ils ressentent toujours un peu le syndrome de l’imposteur parce qu’ils ont l’impression de ne pas pouvoir accompagner leurs élèves. Et ce ne sont pas tous les professeurs que j’ai eus qui jouaient du piano. Alors, quelle est ta position là-dessus?

Jessica : Je pense que chacun a ses propres compétences. Prends Karen et moi : Karen Santos est une soprano extraordinaire qui travaille avec mon studio. C’est aussi une très bonne amie, et on travaille super bien ensemble. On forme une excellente équipe. Elle ne joue pas du piano, et c’est une professeure extraordinaire. Je pense que ça peut même être bénéfique parfois de ne pas avoir le piano, parce que l’élève doit alors compter sur d’autres compétences, comme son oreille. Écouter une piste, c’est important, mais c’est tout aussi important de s’écouter soi-même et de comprendre ce qu’on ressent : je chante faux, je l’entends et je le sens, plutôt que : je ne suis pas aligné avec ce que tu joues. Comme professeur, c’est vraiment difficile, mais laisse ton ego de côté. Si un élève a besoin de quelque chose que tu ne peux pas lui offrir, envoie-le à quelqu’un qui le peut, ou fais-lui une suggestion. J’ai eu un élève avec qui j’ai travaillé environ un an et demi, puis il m’a dit : je veux travailler la musique rock. Et je lui ai dit : tu sais quoi? Je ne sais pas vraiment faire le scream, mais Ian, oui, alors je vais t’envoyer vers lui. Il revenait quand même de temps en temps pour travailler la technique. Mais si j’avais dit : oh, je ne veux pas l’envoyer à quelqu’un d’autre, je lui aurais rendu un mauvais service. Ce n’est pas une question de toi. Laissez votre ego à la porte, les amis.

Jordanne : Oui, tu n’as rien à prouver. Et en passant, ce ne sont pas tous les élèves qui vont te donner l’impression d’accomplir quelque chose. J’ai eu des élèves avec qui chaque cours était un tir à la corde; ils avaient besoin de beaucoup d’explications, et on voyait que ma façon d’expliquer ne leur parlait pas et ne leur donnait pas ce qu’ils voulaient. Ils ont leur propre parcours. En chant surtout, chacun doit avoir la permission de suivre un parcours très unique, et tu n’es peut-être pas la bonne personne. La première fois que ça arrive, ça pique un peu, parce que dans ton cœur, ton intention est de l’aider. Mais tu dois le laisser libre. Tu ne peux pas le retenir. J’ai eu des professeurs qui voulaient vraiment me garder, et moi je me disais : je suis bloquée avec toi. Ça n’enlève rien à ce que tu m’as donné, mais je suis bloquée en ce moment, alors je dois chercher autre chose. Et je retourne encore voir ces professeurs, mais j’étais bloquée.

Jessica : Je pense que c’est important. C’est une bonne leçon de vie en général. On ne peut pas s’attendre à trouver tout ce dont on a besoin dans la vie à un seul endroit.

Jordanne : Mais si, comme professeur, tu veux pouvoir guider quelqu’un dans un réchauffement, ce n’est pas si difficile d’apprendre à faire des accords au piano. Ce serait ma suggestion. Ne pense pas que tu dois pouvoir jouer leur répertoire, mais être capable de donner des accords pour les guider dans un réchauffement, c’est une excellente compétence. Et comme élève, si tu cherches un professeur qui joue du piano, je n’en ferais pas une priorité, parce qu’une option que ton professeur devrait et pourrait te suggérer, c’est de travailler avec lui la technique de la chanson, puis de faire venir un pianiste pour un cours, que tu paierais comme élève, pour pratiquer avec la musique. Ou tu peux payer un petit montant pour qu’on t’enregistre l’accompagnement, pour avoir une piste de pratique à chanter pendant le cours. Il y a donc des solutions.

Jessica : Oh, à 100 %. C’est un excellent point. Je suis totalement d’accord. Les accords peuvent même être aussi simples que : je connais une gamme, et on monte une note à la fois. Tu peux juste jouer la note. Il y a des moments où je joue seulement la note, sans même faire les accords.

Jordanne : Oui, surtout avec les chanteurs débutants. Le réchauffement est habituellement très simple. Ils n’entendent pas au-delà d’une seule hauteur.

Jessica : Oui, exactement.

Image de marque : la voie de l’agence (15:40)

Jordanne : Passons maintenant à ce qu’on évoque depuis le début : l’image de marque. Tu sais donc que tu veux enseigner d’une façon ou d’une autre, parce que ta motivation va au-delà de l’argent, et tu as décidé si tu veux un studio informel à la maison ou plutôt une école. Si tu as seulement un studio à la maison, je dirai brièvement que tu peux quand même te promouvoir comme professeure sur les médias sociaux. Je miserais davantage sur des photos personnelles de toi comme chanteuse et artiste, sur ce que tu fais sur scène. Mais si tu veux être un studio, il faut parler d’image de marque. Alors raconte-nous comment tu t’y es prise, Jessica, puis la mienne est très différente, alors on va partager.

Jessica : J’essayais de dessiner mon propre logo. Quelle horrible erreur, essayer de concevoir un logo sans aucune connaissance en graphisme. J’étais gardienne d’enfants à l’époque pour une famille merveilleuse, et la mère est directrice d’une entreprise d’ici qui s’appelle 26 Projects. Je savais qu’elle était photographe et je pensais qu’ils faisaient du marketing, alors je lui ai demandé : c’est peut-être une question bizarre, mais est-ce que vous concevez des logos? Et elle m’a répondu : ce n’est pas une question bizarre, et oui, mais ce ne serait pas juste un logo. Si tu as besoin d’un logo, tu as besoin d’un guide de marque complet, en gros. Et j’ai dit : oui, d’accord, peu importe ce que ça veut dire, j’embarque. Je suis allée à leur studio pour une rencontre et je me suis dit : wow, ça va être tellement cool. Puis j’ai dit à ma mère : ça va coûter tel montant. Je m’attendais à ce que ce soit cher, parce que je n’en avais aucune idée, et je savais que ça ne coûterait pas 100 $. Écoutez, les amis : si vous voulez créer l’image de marque de votre entreprise, c’est beaucoup d’heures que cette entreprise va y mettre. Ce sont tellement de cerveaux sur un seul projet, et ils conçoivent des choses comme le J de mon logo, un concept dessiné à la main. C’est assez iconique, la façon dont ils l’ont trouvé. Ils ont aussi trouvé mon nom. Il y a eu plusieurs courriels. On a regardé des termes musicaux, différents noms, et je répétais : je ne sais pas, rien ne m’accroche. Puis j’ai reçu mon logo, et ils ont créé des couleurs personnalisées pour ma marque. Ils ont choisi des polices selon certains critères. J’ai eu du papier à en-tête, des cartes professionnelles et des petits dépliants, que j’ai encore parce que j’en ai imprimé un million, en trois modèles différents. J’ai eu une séance photo. Ils ont fait mon site web et, je pense, cinq ou dix publications Instagram pour commencer. Plus tard cette année-là, j’ai gagné un concours qu’ils organisaient, et j’ai pu avoir une autre séance photo et une campagne, alors quand j’ai fait la publicité d’un camp d’été avant la pandémie, j’avais aussi ces photos.

Jordanne : Si ça ne te dérange pas de le dire, je pense que c’est important que les gens sachent ce que tu as reçu dans ton forfait et combien ça t’a coûté.

Jessica : C’était environ dix mille dollars.

Jordanne : Et tu m’as déjà dit que tu avais mis cet argent de côté avant.

Jessica : J’avais cet argent dans un compte d’épargne. À un moment donné, je pensais que ce serait pour une maison, puis j’en ai parlé à ma mère, et elle m’a dit : écoute, je pense que ce sera le meilleur argent que tu auras jamais dépensé. Et c’est le meilleur argent que j’ai jamais dépensé, parce que ça rend la gestion d’une entreprise cohérente tellement plus facile. Voici la police de tous mes courriels. Voici la police des publications. Voici la couleur de fond de tout. C’est ça, les amis. C’est vraiment simple. Et si je voulais un jour refaire mon image, j’ai une base sur laquelle m’appuyer.

Image de marque : la voie autodidacte (21:00)

Jordanne : Je pense que ça a beaucoup de sens pour toi et pour ce que tu ressentais, parce que c’est accablant, tout ce dont on a besoin, et si tu ne sais rien faire de tout ça, tu dois l’apprendre. L’avantage de faire cet investissement au début, c’est que, oui, c’est un peu effrayant, mais comme tu le dis, tu as le forfait complet, alors tu es prête. Tout est fait, tu peux planifier tes médias sociaux et le reste, et tu n’as pas à t’en soucier. C’est comme ça que tu as procédé. Ma route a été très, très différente. Je n’ai pas investi 10 000 $. Ça s’est fait de façon plus organique, à cause de l’emploi que j’avais en arrivant à Montréal. J’avais un emploi affreux, le genre de chose que personne ne veut faire : je faisais de la sollicitation téléphonique pour une entreprise de sites web. Je détestais tellement ça, Jessica. Je n’ai jamais eu autant d’anxiété. Ma famille me taquinait parce que j’étais la personne dont personne ne veut recevoir l’appel. J’ai fait ça environ trois mois avant que mon âme quitte mon corps, puis je leur ai dit que je démissionnais. Ils m’aimaient beaucoup, alors ils m’ont transférée à la gestion de comptes, ce qui était génial. Tout arrive pour une raison, parce que j’ai tout appris sur les fiches Google My Business, Google AdWords et comment apparaître sur Google. J’étais aussi amie avec la personne qui concevait les sites web, et il lâchait des commentaires sur ce qu’il faisait, alors j’ai ramassé des petits bouts de connaissances. Quand j’ai décidé de lancer le studio, j’ai fait le site web moi-même. Ça m’a pris des heures. Je devais aussi penser à mon public cible, et c’était les adultes, alors je n’ai pas utilisé de couleurs vives. Si vous allez sur Express Voice Studio, ce sont des couleurs plus foncées, plus inspirées du graffiti. J’ai trouvé le nom, dont j’étais vraiment contente, et mon copain de l’époque était graphiste et artiste graffiti, alors je lui ai demandé de faire un design style graffiti pour le logo. Ça a bien adonné; j’ai un peu triché. Il a fait l’image qui est maintenant le logo, on a fait trois versions, et j’en suis vraiment contente. Je savais aussi utiliser Google AdWords, alors j’ai créé une fiche Google My Business et je suis apparue sur Google. Maintenant, si vous cherchez n’importe quel mot-clé en anglais à Montréal, on est sur la première page au moins une fois, parfois deux. Les mots-clés en français, on y travaille encore. Quand tu n’es pas bilingue, tu avances petit à petit. J’ai aussi appris par moi-même Adobe Illustrator, Adobe Audition et Adobe Premiere Pro. J’ai pris le temps d’apprendre à tout faire, et c’est encore un énorme apprentissage, maintenant avec le balado et les vidéos YouTube. Il y a tellement à apprendre, alors il faut juste plonger, savoir que c’est un projet à long terme, et essayer de rendre chaque petite chose meilleure que la précédente. La seule chose pour laquelle j’ai payé, après avoir fait le site web et tout, ce sont des gabarits Instagram assortis. J’ai engagé quelqu’un, et ça m’a coûté environ 400 $ pour, je pense, cinq gabarits. On a fait des allers-retours aussi. La première chose qu’il m’a envoyée était très douce, pas du tout le style artistique et percutant que je voulais, alors j’ai dû prendre mon courage à deux mains et lui dire : je n’aime pas ça du tout, je suis désolée que tu aies passé du temps là-dessus.

Jessica : C’est ça, et tu te sens vraiment mal. Tu te dis : ils ont passé du temps là-dessus. Tu te sens mal, mais en même temps…

Jordanne : Tu les paies.

Jessica : Oui.

Jordanne : Et si tu n’es pas graphiste, tu peux dessiner quelque chose et dire : un peu comme ça, mais en mieux. Je lui ai donc envoyé une tonne d’images pop art que j’aimais vraiment et je lui ai dit : je veux aller dans cette direction. La version suivante était complètement différente, puis j’ai demandé : est-ce qu’on peut juste changer quelques couleurs? En une semaine de travail, c’était fait. Maintenant, comme je sais utiliser Illustrator, je peux changer les couleurs ou le format autant que je veux. Chaque fois que j’ai une campagne, comme des cartes-cadeaux pour la Saint-Valentin ou Noël, je les crée à partir des gabarits, ou parfois quelque chose de complètement différent avec des logiciels gratuits comme Canva ou des images de banque. Illustrator, il faut le payer, mais ce n’est pas si cher : environ 30 $ US par mois pour toute la suite Adobe. Ça m’a coûté beaucoup moins cher, mais ça a pris beaucoup plus de temps, et il faut tout apprendre. Ce sont donc deux options différentes, selon ce que tu veux faire.

Six emplois et le sacrifice (25:50)

Jessica : Selon ce que tu sais déjà et le temps que tu veux y consacrer. Moi, je me disais : je n’ai pas le temps de faire ça. Pas que toi tu avais du temps à revendre, mais je pense que ça dépend aussi du nombre d’élèves que tu as déjà et des autres emplois que tu occupes, parce que comme artiste en début de carrière, tu n’as probablement pas juste un emploi. En plus, tu essaies de pratiquer, et de faire toutes les autres choses que tu dois faire, comme te raser les jambes, tu sais?

Jordanne : Superbe transition. Je pense que c’est important d’en parler. À un moment donné, j’avais six emplois. Quand j’ai décidé de lancer ce studio, j’étais chantre dans deux églises différentes. J’avais un emploi de 9 à 5 dans une jeune entreprise qui s’appelait Career Up. C’était un bon emploi, mais c’était du 9 à 5. Je révisais aussi des travaux universitaires pour une entreprise en ligne, j’enseignais à quelques élèves, et je faisais autre chose. Je ne me souviens même plus de tous les emplois, mais je me souviens d’en avoir compté six, et je n’avais littéralement pas de temps, absolument aucun. Je faisais aussi des auditions pendant cette période. J’ai donc fait un énorme sacrifice sur le plan de la scène. Je me suis dit : je n’ai même pas le temps de chanter en ce moment, et je ne l’aurai jamais si j’ai un 9 à 5, alors je dois sacrifier peut-être quelques années de ma vie à bâtir le studio pour avoir plus de liberté de temps par la suite. Aujourd’hui, je ne suis pas là où je pensais être en matière d’auditions, mais j’ai un studio qui est mon emploi à temps plein. Je n’ai plus six emplois, et j’ai la liberté que je voulais. Il y a donc eu un sacrifice, et je pense que les gens doivent le savoir.

Jessica : Je pense qu’on est chanceuses toutes les deux. On va travailler et on n’a jamais vraiment l’impression de se dire : ah non, je dois aller travailler. C’est ce que je voulais pour ma vie. Comme professeure, je ne voulais jamais que mes élèves aient l’impression que leur professeur n’aime même pas ce qu’il fait, et c’est pourquoi j’ai réuni une équipe de professeurs tous différents, mais tous aussi passionnés par ce qu’ils font. Ils sont passionnés par la scène et par la création, et c’est ce que je voulais. Je voulais que les enfants voient de la passion. Mais oui, il y a eu une période où je travaillais dans un Orangetheory, je faisais des auditions, j’étais gardienne d’enfants et j’enseignais, et j’avais environ 34 élèves à ce moment-là. C’était fou. C’était démentiel. Mais je ne pense pas avoir déjà eu six emplois. C’est excessif. Je ne sais même pas comment tu as fait, ma belle.

Jordanne : Je ne sais pas. Je me pose des questions sur ma vie.

Comment trouver des élèves (28:40)

Jordanne : Tu as mentionné que beaucoup de tes élèves viennent du bouche-à-oreille. Fais-tu de la publicité en dehors de ça, ou ce sont seulement des gens qui te trouvent grâce au site web? Comment trouves-tu tes élèves?

Jessica : Au début, mes élèves venaient du bouche-à-oreille, et maintenant je suis dans tous les groupes Facebook de mon secteur. J’ai encore beaucoup de bouche-à-oreille. Je suis très, très chanceuse d’avoir une très bonne relation avec presque toutes les familles avec qui on a travaillé. Quand j’ai commencé, je suivais un cours de danse pour adultes dans un studio vraiment extraordinaire ici en ville, et j’ai demandé si je pouvais afficher une annonce ou une affiche. Que je n’avais même pas; c’était genre une feuille mobile. C’était vraiment mauvais, mais j’étais très novice dans l’enseignement. Et j’ai demandé : pouvez-vous parler de moi aux gens quand ils s’inscrivent? Et elle a dit oui. Tellement de mes élèves sont venus de là. Une autre partie du forfait que j’ai eu : ils m’ont installé G Suite. Je ne sais même pas à quoi ça sert, mais apparemment j’en ai besoin. Ils m’ont demandé : on peut te l’installer? Et j’ai dit : bien sûr, faites ce que vous pensez que j’ai besoin. Ils l’ont relié au site web, alors maintenant je reçois des demandes par mon site, et je publie parfois dans mes groupes Facebook, du genre : hé, n’oubliez pas qu’on offre ça.

Jordanne : Le bouche-à-oreille, c’est fantastique. Quand tes élèves sont des enfants et des adolescents, le bouche-à-oreille, c’est ton pain et ton beurre, parce que les parents se parlent. J’avais en gros un seul élève enfant au début, et tous mes autres élèves enfants sont venus du bouche-à-oreille, sauf une personne. Ils se connaissent tous; ils vont tous à la même école. Avec les adultes, c’est différent, parce que souvent les gens viennent prendre des cours parce qu’ils veulent être meilleurs au karaoké, ou parce qu’ils sont déjà artistes. J’ai eu quelques rappeurs et une artiste pop qui ne m’ont pas été recommandés. Ils m’ont trouvée, et ils ne me recommandent pas vraiment à d’autres, à moins que ça vienne dans une conversation, parce que c’est plus privé, plus personnel. Tu ne dis pas : oh, tu devrais inscrire Stacy et Mike à des cours de chant aussi. Je dirais donc que 90 % de ma nouvelle clientèle vient du travail que j’ai fait pour être sur la première page de Google. Ta fiche Google My Business, c’est ce qui apparaît sur le côté quand tu cherches, par exemple, « pizza près de moi », et la pizzeria de Bob apparaît avec ses heures d’ouverture et tout. Et si quelqu’un t’appelle un jour pour te dire qu’il va te la configurer pour 400 $, c’est une arnaque. Raccroche, d’abord, parce que tu la configures gratuitement.

Jessica : C’est ça, exactement.

Jordanne : Je reçois encore ces appels. Ils me disent : vous n’en avez pas, et je réponds : oui, j’en ai une, je l’ai configurée, merci. Il te la faut pour apparaître dans Google Maps. C’est vraiment important. Je ferai peut-être un épisode complet sur toutes les façons d’amener ton entreprise sur la première page de Google, mais c’est vraiment comme ça que je trouve mes élèves. J’ai essayé Kijiji et j’y ai mis de l’argent, et je dirais que ça n’en vaut pas la peine, personnellement. Avec Google AdWords, tu paies par clic quand quelqu’un clique sur ton annonce pour aller sur ton site, et tu fixes une limite mensuelle. Je pense que ça vaut la peine. Ça confirme aussi à Google que tu es une entreprise légitime, alors ça peut t’aider à apparaître sur la première page si tu fais beaucoup d’autres choses en parallèle. Les médias sociaux, étonnamment et pas si étonnamment, m’apportent tout le temps des messages sur Instagram et Facebook pour demander des informations sur les cours. Et joins les groupes Facebook de ta région. Je fais partie d’un groupe de musiciens de Toronto et d’un groupe de musiciens de Montréal, et chaque fois qu’on publie quelque chose sur Facebook, je le partage dans ces groupes, dans la mesure du raisonnable. Si c’est une petite publication sans importance, non, mais si c’est un nouvel épisode du balado ou quelque chose d’utile pour les artistes de la région, tu le publies. Ce sont donc des façons très différentes. Je ne pense pas qu’il faille dépenser des centaines de dollars en publicité. Quand j’ai commencé, j’avais un budget de 60 $ par mois pour Google AdWords, et maintenant c’est 100 $. Mais je ne pense pas que ce soit essentiel. Je dois vraiment faire un autre épisode sur tout ce que j’ai fait pour me classer sur Google, parce que je l’ai fait moi-même, et je reçois des appels de gens avec qui j’ai étudié en musique et à qui je n’ai pas parlé depuis des années, qui me disent : j’ai vu ce que tu fais, peux-tu me donner des conseils? On s’assoit une heure ou deux pour voir tout ce que je pense qu’ils doivent faire et y consacrer du temps. Alors si vous écoutez ceci et voulez des conseils, n’hésitez pas à me contacter. C’est un service que j’offre. Il y a beaucoup à savoir, mais s’il vous plaît, ne vous laissez pas décourager, parce que c’est atteignable.

Embaucher des professeurs : contractuels ou employés? (34:10)

Jordanne : Pour enchaîner : tu as un studio, ça va bien, tu atteins peut-être le cap des 20 élèves et tu reçois encore des demandes. Tu dois maintenant choisir : est-ce que je garde une liste d’attente parce que je veux que ce soit moi, moi et moi, ou est-ce que j’engage d’autres professeurs? Quand j’ai décidé d’engager d’autres professeurs, c’était surtout parce que j’avais travaillé pour trois studios de musique dans ma vie, et ils prenaient tous une part de 40 à 50 %, et je ne comprenais pas pourquoi ils prenaient autant. Le dernier studio pour lequel j’ai travaillé à Montréal disait que les gens ne paieraient pas autant pour moi comme professeure. Ce n’est pas vrai. D’abord, ce n’est pas vrai. Si la valeur est là, tu fixes ce que tu mérites. Je voulais donner aux professeurs la possibilité de choisir leur tarif et de ne pas avoir une part de 50 %. Tous les professeurs qui travaillent avec moi versent donc très, très peu, et ça retourne directement dans la publicité du studio. Je ne fais pas un énorme profit, mais ça paie la publicité. Alors pourquoi as-tu engagé d’autres professeurs? Avais-tu simplement un afflux de demandes? Et tu fais une distinction entre employés et contractuels dont tu pourrais peut-être parler.

Jessica : D’accord, j’ai décidé de chercher d’autres professeurs parce que je recevais des demandes, et j’aurais pu enseigner à tous ces élèves, mais j’aurais enseigné jusqu’à 21 h 30 tous les soirs et huit heures le samedi. Où est ta vie? Où est ton temps pour t’entraîner, ou juste regarder Friends, ou parler avec ta mère au téléphone? Il n’y avait pas de temps. Avant l’arrivée de Karen, j’avais une autre collègue, Chelsea, qui a travaillé avec moi un certain temps, mais elle a dû déménager. Et juste au moment où elle déménageait, Karen m’a dit : je m’en viens à Winnipeg, et j’ai dit : c’est génial. Puis Renata, qui est directrice musicale de l’église où j’exploite mon studio, et moi, on s’est croisées dans le corridor un jour, et elle m’a dit : on devrait peut-être se parler. J’y pensais déjà, parce que je recevais des demandes, mais je ne voulais pas aller voir quelqu’un et dire : j’ai un élève pour toi. Je voulais savoir que j’en aurais au moins trois, pour que la personne ne se déplace pas pour un seul cours d’une demi-heure. Ça ne serait ni juste ni intéressant pour un professeur. Je voulais donc m’assurer d’avoir assez de demandes en piano, et j’ai décidé que oui, je devais le faire. Mais ce n’était pas assez gros pour dire : d’accord, on peut être des employés, je peux offrir des avantages sociaux et tout ça. J’aimerais offrir des avantages à mes contractuels un jour. C’est le rêve : donner des occasions à des collègues et bâtir une équipe de gens en qui la communauté a confiance pour tous ces services. Mais je trouvais important de les protéger, eux et moi, en les désignant comme contractuels, et non comme employés. Je suis donc allée voir un avocat et j’ai dit : aidez-moi à établir leur contrat. Maintenant j’ai un document où je peux changer la date et le nom, et réécrire certaines choses si je veux. Je sais ce qu’il dit, mais c’est plein de jargon juridique, c’est fou. Je suis allée voir un avocat parce que c’était important que tout le monde soit protégé, pas seulement moi. Eux aussi, pour que si je fais quelque chose qu’ils trouvent injuste, ils puissent dire : ce n’est pas ce que dit mon contrat.

Votre espace d’enseignement, c’est votre image (38:40)

Jordanne : Je pense que c’est particulièrement important pour toi, parce que tu loues un espace commercial. C’est une église, mais c’est un espace pour ton studio, et il y a des gens qui entrent et sortent, alors c’était essentiel pour toi de le faire. C’est une autre chose qu’on fait très différemment : je ne loue pas d’espace commercial. Mon studio est dans mon appartement, et c’est un espace à part. Il a l’air très professionnel, et l’exigence pour tous les autres professeurs, c’est d’avoir un espace professionnel pour enseigner. Je n’ai donc pas besoin de prendre une part pour leur fournir un espace, et je ne m’occupe pas de toute l’administration de facturation que tu fais. Quand un élève arrive et me parle de ses objectifs et de ce qu’il veut, j’ai une conversation avec lui et je le dirige vers le professeur qui lui convient le mieux. Ensuite, ça devient la responsabilité de ce professeur. Il peut le facturer comme il veut; c’est entre eux. À la fin du mois, il me verse un montant selon le nombre de cours qu’il a donnés ce mois-là aux élèves que je lui ai envoyés. Je prends donc probablement une part beaucoup plus petite que toi, mais ma charge de travail est aussi beaucoup plus légère. Par contre, je suis extrêmement occupée avec le balado, la création de contenu en ligne et la publicité de l’entreprise. Alors c’est une question de combien de travail tu veux mettre dans chaque domaine. Quand tu as un espace commercial, tes priorités sont différentes et tu dois prendre une plus grande part. Évidemment, ils enseignent dans un espace que tu paies. C’est un coût énorme.

Jessica : Énorme. Ce n’est vraiment pas rien. Je suis chanceuse que ce soit dans une église, parce que c’est moins cher, mais je l’ai aussi choisi parce que j’avais besoin d’un espace communautaire. Il fallait que ce soit un grand espace où les gens se sentent à l’aise de laisser entrer leurs enfants. Pas quelque part au centre-ville de Winnipeg, dans un édifice qui ferait peur à beaucoup de petits qui viennent à leur cours pour chanter La Reine des neiges. Je voulais que ce soit un édifice communautaire sécuritaire. Et il se trouve que quand je vendais une maison il y a environ cinq ans, j’ai appelé cette église et j’ai dit : écoutez, je viens d’acheter un piano à queue et j’ai besoin d’un espace. Qu’est-ce que vous avez?

Jordanne : Il faut comprendre ça. Si tu enseignes sur un clavier dans un petit espace miteux de ton minuscule appartement, je comprends que tu es une artiste avec un budget serré, mais ton image est importante. Si tu enseignes de façon informelle, à des élèves qui te connaissent comme artiste, c’est correct, parce qu’ils vont voir que tu vis vraiment la vie d’artiste. Mais si tu es un studio, tu as besoin d’un bel espace professionnel pour enseigner, et prépare-toi à dépenser cet argent. Le premier piano que j’ai acheté coûtait 1 500 $, et l’année suivante je suis passée à un piano de 3 000 $, et ça fait une énorme différence dans le plaisir du son. Les gens aiment chanter à côté de beaux instruments. Je dépense aussi plus en loyer pour un plus grand appartement que d’autres le feraient. Et si tu cherches un appartement, dis au propriétaire que tu es professeure de musique. Mon propriétaire actuel m’a demandé : est-ce que des gens se sont déjà plaints? Et j’ai dit non, parce que j’ai aussi dépensé de l’argent pour insonoriser l’appartement. J’ai mis un tapis, de l’insonorisation derrière les grands cadres de la pièce, j’ai rempli tous les placards de livres. Tu fais tout ce que tu peux. Tu informes aussi tes voisins que tu enseignes, et tu leur demandes : avez-vous un horaire bizarre? Êtes-vous infirmière? J’ai besoin de le savoir. Respecte le son. Mais il te faut un bel espace.

Jessica : Ça fait tellement une différence. Vraiment. Évidemment, c’est très différent quand on enseigne toutes dans nos appartements, mais si j’y tiens, c’est en partie parce que dès que j’ai déménagé, je me suis dit : je dois préparer l’espace, parce que j’ai des élèves lundi. Ils savaient tous que je déménageais, mais si je déplace mon ordinateur, je ne veux pas qu’ils voient le chaos partout. Je veux qu’ils voient mes divans blancs, mon tapis audacieux et mes lumières scintillantes, parce que ça aide les gens à se sentir les bienvenus. Même en ligne, ils doivent se sentir en sécurité. Dans mon studio, j’ai des diffuseurs, des lumières scintillantes et des œuvres que j’ai commandées à Karen pour mon studio. Les gens disent : c’est une belle peinture, et je réponds : c’est Karen, à côté, qui l’a faite. Je pense que c’est tellement important. Comme tu dis, ton image est importante. Je pense qu’on trouve toutes ça difficile avec la pandémie. La fin de semaine prochaine, j’ai tout réservé, parce que tout commence à rouvrir ici : on fait les cheveux, les ongles, les cils, on fait tout.

Le syndrome de l’imposteur (44:30)

Jordanne : J’adore ça. Si tu décides que tu veux enseigner, créer un studio ou enseigner à ton compte, tu vas ressentir un peu le syndrome de l’imposteur, surtout si tu viens de la musique classique, où tout est soit parfait, soit raté. Tu as l’impression de n’avoir rien à offrir tant que tu n’as pas une carrière internationale et que tu n’es pas parfaite. C’est quelque chose que tu dois surmonter. Il faut mettre assez de valeur dans le prix de ton cours, alors tu dois comprendre ta valeur comme professeure et ce que tu apportes pour fixer ce prix. Mais quand ces moments de syndrome de l’imposteur arrivent, respire et rappelle-toi ce que tu as accompli. Sache que les gens qui viennent te voir comme professeure sont habituellement débutants, et que tu as tellement d’expérience et de formation derrière toi que tu tiens pour acquises. Même si tu n’as pas tout compris de ta voix, si tu l’as amenée à une technique confortable et constante, tu as quelque chose à offrir à tes élèves.

Jessica : Oui, ça peut vraiment être un défi quand tu travailles avec toute la gamme d’élèves. On a des élèves qui disent : non, je veux seulement chanter de la pop. Non, je veux chanter du Disney. Non, je veux chanter du théâtre musical. Non, je pense que je veux chanter du classique. Et il y a des élèves qui conviennent vraiment à tous les genres. Je ne suis pas une belteuse. J’ai les connaissances que j’ai tirées de vidéos YouTube et développées au cours des cinq dernières années en essayant de comprendre ma propre technique de belting. Au début, je disais : je n’enseigne pas vraiment ça, parce que je ne le connais pas. Puis je me suis dit : écoute, j’ai des élèves qui doivent le savoir, alors je dois le savoir. Je lis, j’étudie et je cherche, mais une grande partie de ma pratique est très concrète. Je me promène dans mon appartement en parlant avec des voix bizarres de Sesame Street et en faisant des trucs bizarres pour trouver où ça résonne, pour pouvoir dire à un élève : c’est un peu comme cette voix-là, mais avec le voile du palais relevé. Même comme professeure, tu dois apprendre à tes élèves à devenir leurs propres professeurs pendant le cours. Parfois, c’est de la pratique guidée, mais une partie de ce qu’ils apprennent en cours, c’est à écouter et à ressentir sans être guidés, parce qu’on ne sera pas toujours là pour dire : non, ça ne sonne pas bien, tu dois corriger ça. Ils doivent être leur propre guide. Ça fait partie du métier de professeur.

Quel genre de professeur êtes-vous? (48:00)

Jordanne : Oui, et tu as fait un commentaire la dernière fois qu’on s’est parlé que j’ai trouvé tellement juste, sur le fait de décider quel genre de professeure tu veux être. Toi et moi, on a des styles très différents. Toi, tu es pleine d’énergie, comme de la gomme balloune, les Super Nanas en personne, et moi je suis tellement sérieuse. Je dis : la prochaine heure de ta vie va être tellement épuisante mentalement. Mes élèves sont vidés à la fin de l’heure, mais dans le bon sens. J’aborde vraiment ça comme une pratique guidée : je t’apprends à travailler sur ton corps et à être à la fois têtu et patient avec toi-même. On fait un exercice, et tellement de fois je les arrête pour dire : tu n’as pas la bonne pensée. Je les arrête tellement souvent. Puis ils arrivent à un point où ils commencent à le faire et disent : non, c’est faux, attends. Et je leur dis : est-ce que tu viens de te dire d’attendre? Ils disent oui, et je réponds : tu m’entends dans ta tête.

Jessica : C’est vraiment beau de voir ce cheminement chez un élève. J’ai un élève cette année qui est tellement brillant. C’est un garçon, ce qui m’emballe vraiment comme professeure, et il a commencé à arriver à ses cours en disant : j’ai fait le réchauffement avant mon cours, alors je suis prêt. La semaine passée, je ne l’ai pas fait et j’avais l’impression que ça fonctionnait moins bien, mais maintenant je me sens vraiment bien parce que je me suis réchauffé avant le cours. Et moi je me dis : qui es-tu?

Jordanne : Ce serait un super sujet pour un autre épisode que je dois faire, sur ce à quoi un cours devrait vraiment ressembler avec un bon professeur. Je pense vraiment que c’est une conversation : je fais une suggestion et je demande, comment tu le sens? Qu’est-ce que tu aimes là-dedans? Comment tu le perçois? D’accord, bâtissons là-dessus. Toi, le professeur, tu n’es pas Dieu. Alors ne répète pas toujours les choses de la même façon, et tu devrais probablement vérifier comment ton élève traite la musique mentalement et comment il s’y rattache. Je vais devoir faire un autre balado, désolée. J’ai tellement d’opinions là-dessus, parce que j’ai eu tellement de mauvaises expériences avec des professeurs. Comme je l’ai dit, ces quatre années de bac ont fait de moi une très mauvaise chanteuse, et j’ai dû tout défaire.

Jessica : Tout un parcours.

Jordanne : Tout un parcours. Mais là où je veux en venir : décide quel genre de professeure tu veux être. Ta personnalité entre en jeu. Assure-toi ensuite que ça se reflète dans ton image de marque. Et quand tu te sens comme une imposteure, rappelle-toi qu’on apprend tous constamment. Oh, mais je voulais dire mon opinion sur ce qu’il faut faire quand un élève veut apprendre quelque chose que tu ne sais pas faire : tu ne l’enseignes pas. Si tu as une excellente technique et que tu chantes seulement de l’opéra, tu dis : je ne sais pas belter, mais je peux t’apprendre à chanter, à utiliser ton souffle et à ne pas te faire mal. Ensuite, toi, la professeure, tu dois aller apprendre à belter, voir si tu en es capable, et commencer à chanter ce répertoire, parce que tu es le produit de ton entreprise. Si tu sais faire une seule chose, c’est ça que tu enseignes. Un guitariste ne va pas dire : bon, tous mes élèves veulent maintenant jouer du piano, alors je vais regarder YouTube et enseigner le piano.

Jessica : Oh oui, non. Encore là, ça m’a pris une décennie complète pour apprendre à chanter de la pop assez bien, ou à me sentir bien en chantant de la pop et en beltant, et je n’ai commencé à enseigner pleinement le belting que l’année dernière, quand j’étais certaine de ne pas me faire mal en le faisant. Je suis donc certaine de pouvoir t’apprendre à le faire en toute sécurité aussi. Et encore une fois, Karen et moi collaborons souvent sur la technique et sur ce qu’on fait. Mais oui, je pense que c’est tellement important, quand tu détermines quel genre de professeure tu veux être, d’être authentique.

Jordanne : Exactement. Quand tu détermines le genre de professeure que tu es ou que tu veux être, parce que qui tu es et qui tu veux être peuvent être différents, ça doit être quelque chose que tu peux maintenir, évidemment. C’est pourquoi je dis que tu dois être authentiquement toi-même.

Jessica : Oui, c’est un excellent point. Si tu décides que les professeurs de chant doivent être pétillants et énergiques, et que ce n’est pas toi, tu ne peux pas bâtir une carrière sur une fausseté.

Pour conclure (52:50)

Jordanne : Eh bien, c’est l’équivalent d’une heure et demie d’informations extraordinaires, j’ai l’impression. Mais il y a tellement plus dont on pourrait parler, parce que c’est déjà un parcours de deux ou trois ans pour nous. Je suis vraiment reconnaissante que nos parcours aient été si différents, parce que j’espère que ça pourra aider des gens. Si vous voulez plus de conseils, comme je l’ai dit plus tôt dans l’épisode, n’hésitez pas à me contacter. J’ai déjà accompagné des gens là-dedans, et j’adore ça. Et si quelqu’un veut te consulter sur la façon dont tu as trouvé quelqu’un pour ton image de marque, l’avocat et tout, contactez Jessica. Je mettrai les coordonnées ci-dessous.

Jessica : Je suis toujours partante pour une conversation. Je pense que c’est important de toujours apprendre, toujours échanger et toujours avancer dans son parcours.

Jordanne : Totalement d’accord. Merci beaucoup, Jessica. Ce fut un plaisir.

Jessica : Merci beaucoup de m’avoir reçue.

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